L'OLYMPIQUE DE PARIS DOIT S'INCLINER ____
Les Lillois par 2 buts à 1 remportent la victoire. -- Le match qui devait se jouer au stade Bergeyere eut lieu rue Olivier- de-Serres. -- Deuxième mi-temps splen- dide des Parisiens.
La foule des grands jours s'était rendue au stade Bergeyere et se réjouissait à l'avance du régal sportif promis. Hélas ! il lui fallut dé- chanter car là-haut, tout là-haut, sur... les Buttes, une désagréable surprise l'attendait. Le terrain de la rue Manin n'était pas praticable et les spectateurs étaient invités à se rendre... à l'autre bout de Paris, rue Olivier-de-Serres, où devait avoir lieu la rencontre, reportée à 15 heures.
La plaisanterie fut jugée fort sévèrement par les milliers de sportsmen qu'on traitait aussi cavalièrement. On le conçoit ; le prestige du football association souffre de ces graves fautes d'organisation et il faut réagir sérieusement si l'on ne veut pas voir notre public abandonner le sport du ballon rond. Qui est fautif en la circonstance ? Il faudrait le savoir. D'ailleurs, les dirigeants de l'Olym- pique Lillois veulent suivre cette affaire ; et ils ont raison.
Ce que fut la rencontre
Minot manque à l'Olympique de Paris. Les Lillois sont au complet. Paris est dominé au début mais se reprend assez rapidement. Attaques alternatives puis les Lillois, jouant en force, prennent le dessus sans cependant trop presser leurs adversaires. Au cours de descen- tes bien amenées, H. Vignoli réussira deux jolis buts. Dans l'ensemble de la première mi- temps, Lille aura eu le meilleur, mais de peu. A la reprise, changement à vue. L'attaque parisienne part à fond et menace dangereusement. Le but chauffe et à plusieurs reprises paraît imminent, mais Lebrun joue merveilleusement bien aidé par Leclercq et Favart. Les Lillois paraissent fatigués ; ils ne dépassent leur ligne de milieu qu'en de rares occasions, et Darques, Dartoux et Dewaquez essayent maintes fois au but adverse. Au cours d'une attaque, Dewaquez en possession de la balle, dribble, et, bénéficiant d'un « loupé » de Fa- vart, marque un but très applaudi. Lille re- monte ensuite, et perdra une belle occasion de marquer, le ballon roulant jusque dans le but parisien et étant dégagé « in extrémis » par Langenove. La fin est sifflée par M. Gombault sur le résultat de 2 buts à 1 en faveur de l'O.L. Parmi les Parisiens, on remarqua surtout Langenove, Olivan, Darques, Dartoux et Dewaquez ; mais toute l'équipe joua avec un courage digne d'éloges. A Lille, Lebrun, Leclercq, Gravelines, les Vignoli et Delheste furent les meilleurs. Le jeu fut très dur, notamment après la reprise, et il y eut des chocs plutôt violents. Mais l'intérêt ne languit à aucun instant, le match ayant présenté à tout moment des pha- ses fort intéressantes.